Essaimage

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Essaim

Les colonies les plus prospères se reproduisent par essaimage. Au début du printemps, quelques cellules à reine sont produites. Une semaine environ avant la naissance des reines, l’ancienne reine quitte la ruche avec la moitié des effectifs de toutes les catégories d’ouvrières pour former un essaim. Au moment du départ, toutes les ouvrières se sont gavées le jabot de provisions et elles ne peuvent donc pas piquer: un essaim tout neuf est donc inoffensif et le reste pendant quelques heures.

Cet essaim part à la recherche d’un abri; il peut lui être fourni par l’apiculteur qui le capture et l’introduit dans une nouvelle ruche ou bien il retourne à l’état sauvage et trouve abri découvert par des pionnières, dans un arbre creux, une excavation, une cheminée désaffectée ou même derrière des volets.

Dans la ruche, la première reine qui naît tue immédiatement toutes ses rivales qui sont encore dans leurs cellules. Il ne peut en effet y avoir qu’une reine par colonie. Une semaine plus tard, elle effectue son premier vol nuptial.

Une colonie peut produire, entre le début du printemps et le début de l’été, jusqu’à 4 types d'essaims, ils sont dits respectivement primaire, primaire de chant, secondaire et tertiaire.

L'essaimage affaiblit la ruche du fait de la division du nombre de ses abeilles.

Différence entre essaim primaire et primaire de chant

•L'essaim primaire

L'essaim primaire est le premier essaim qui quitte la ruche, toujours avec la vieille reine. Si l'essaim primaire ne revient pas à la ruche (reine non clipée, voir : marquage et clipage des reines) il est très rarement suivi d'un essaim secondaire. Dans ce cas, la ruche est capable de se refaire une nouvelle population apte à survivre.

Pourquoi n'est-il pas souvent suivi d'une essaim secondaire ?

La météo et l'essaimage vont de pair. En principe, l'essaim primaire quitte la ruche dès que la première cellule royale est operculée. Il faudra donc que la colonie restante attende 7 jours avant d'obtenir une nouvelle reine. Passé ce délai, la fièvre d'essaimage est souvent annulée et la colonie reprend son activité normal.

Par contre, si le jour du départ de l'essaim, la météo change brusquement, celui-ci va devoir attendre une météo plus clémente pour partir. Cette situation peut perdurer plusieurs jours et pendant ce temps, la fièvre d'essaimage est toujours présente et les jeunes reines encore en cellules, vont bientôt naître. Dans et uniquement ce cas, l'essaim primaire peut être suivi d'un secondaire surtout si l'attente à durer plus de 5 jours.

•L'essaim primaire de chant

Un essaim primaire de chant est un premier essaim qui quitte la ruche, toujours avec une ou parfois plusieurs jeunes reines vierges. C'est donc un essaim primaire qui après avoir perdu, pour diverses raisons, la vieille reine, est rentré à la ruche et quitte de nouveau celle-ci avec une ou plusieurs reines naissantes.

L'essaim primaire de chant fait référence aux chants des reines. Nous savons que lorsqu'une jeune reine nait, elle parcourt les rayons de la ruche en émettant un son pour détecter la présence d'autres reines nées ou encore dans leurs cellules afin de les détruire. Lorsqu'il s'agit du départ d'un essaim primaire de chant, les reines ne chantent pas toujours, elles cohabitent pour partir avec l'essaim primaire de chant, l'essaim secondaire et parfois tertiaire.

Départ de l'essaim

L'essaim vient de quitter la ruche

L'essaim vient de quitter la rucheAu printemps ou en été, généralement dans les ruches ayant à leur tête une reine de plus de deux ans, les ouvrières construisent des alvéoles royales dans lesquelles la reine viendra pondre. Les larves issues de ces œufs, abondamment et exclusivement nourries de gelée royale, deviendront des reines (femelles complètes). Dès l'operculation des premières cellules royales (en principe 7 jours avant la naissance de la future reine) par beau temps, la vieille reine quitte la ruche, entraînant avec elle la moitié de la colonie. Devant la ruche, des milliers d'ouvrières ainsi que de nombreux mâles s'envolent, se posent, tourbillonnent à faible altitude, zigzaguent et forment, dans l'espace situé devant la ruche, un nuage bruyant et mouvant semblable à un banc de poisson où chaque individu semble adapter sa course à celle de son voisin et vice-versa. Ce groupe s'étire sur quelques dizaines de mètres et avance lentement, à la vitesse d'un homme au pas : c'est l'essaim.

L'essaim

Il peut parcourir ainsi de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres, survolant champs, haies, habitations, routes et buissons. Puis, tout à coup, toutes les abeilles se réunissent rapidement sur une branche, un tronc d'arbre ou tout autre support qui lui semble approprié. Toutes les abeilles vont constituer une grappe d'un volume de plusieurs litres en s'agrippant les unes aux autres.

Cet essaim dit primaire se compose de :

•la vieille reine; •quelques mâles (de 10 à plusieurs centaines); •des milliers d'ouvrières de tous âges gorgées de miel.

Le poids de l'essaim varie généralement entre 1 et 3 kg. On considère qu'un kilo d'abeilles contient environ 10 000 individus. Pendant ce temps, des ouvrières dites éclaireuses quittent le groupe et s'en vont en quête d'un logis pour la colonie. L'ayant trouvé, elles retournent à l'essaim et communiquent leur découverte (danse) Des enquêteuses (d'après Lindauer) sont chargées d'aller vérifier la valeur des recherches. Si l'endroit découvert convient aux enquêteuses, ces dernières doivent convaincre l'essaim. Si celui-ci accepte, les abeilles s'envolent à nouveau et rejoignent rapidement le logis choisi. Ce dernier peut prendre l'aspect de :

•un arbre creux, •une ruche vide, •une anfractuosité naturelle ou artificielle, •une cheminée, •un espace vide entre fenêtre et volet, •etc.

Récupération de l'essaim

panier de récupération

On utilise fréquemment, pour récupérer un essaim, une cloche fabriquée en paille et également appelée catoire. Ce sont eux qui servaient jadis, de demeure aux abeilles, avant l'apparition des ruches modernes à cadres mobiles. Lorsque l'on désire renvoyer l'essaim d'où il vient, il suffit, après l'avoir secoué dans la catoire, de le filtrer au travers d'une grille spéciale appelée «grille à reine» empêchant ainsi la reine de passer. Lorsque l'on aperçoit la reine, on la capture et on l'isole de l'essaim. Celui-ci, se voyant sans reine, croit qu'elle est restée sur la branche où il s'était posé et retourne sur celle-ci. Ne voyant pas la reine, il retourne directement à la ruche d'où il provient. Cette méthode est très utile pour les grandes exploitations, car le nombre important de ruches ne permet pas toujours de savoir laquelle a essaimé. Elle permet également de conserver la récolte sur cette ruche et d'intervenir rapidement et efficacement, sans déranger pour cela les autres colonies, pour empêcher qu'elle ne recommence.

Enruchement de l'essaim

L'essaim capturé, on peut l'utiliser pour peupler une ruche vide en vue d'augmenter le nombre de colonies que l'on possède.

Enruchement par le trou de vol

•Entrée par le trou de vol

Le soir même ou de préférence le lendemain de l'essaimage, on prépare un corps de ruche (sans la hausse) dans laquelle on place des cadres garnis de cire gaufrée que l'essaim bâtira rapidement et avec enthousiasme. Pour éviter tout problème de désertion (cas d'un essaim avec reine vierge) on placera au centre de la ruche un cadre de couvain ouvert issu d'une autre colonie du rucher. Devant la ruche, on installera une plaque de bois ou autre reposant sur le sol d'un côté et aboutissant à la planche de vol de l'autre. On retire alors le grillage fin qui ferme la cloche et on imprime un coup sec et fort sur la cloche maintenue à quelques centimètres de la surface de la plaque. Suite au coup donné, la plupart des abeilles vont tomber sur la plaque. À l'aide d'un peu de fumée, on peut alors guider les abeilles vers l'entrée de la ruche. Toute la population de l'essaim rentre alors plus ou moins rapidement dans la ruche et commence immédiatement à bâtir les cadres, aidé en cela, par un nourrissement au sirop de sucre d'une densité 1/1 (1 litre d'eau pour 1 kg de sucre).

•Entrée par le dessus de la ruche

Ce procédé est beaucoup plus rapide et comporte l'avantage de pouvoir filtrer la population de l'essaim, au moyen d'une grille à reine, qui retiendra dans ses mailles la (ou les) reine(s) ainsi que les mâles. On peut ainsi vérifier l'origine de la reine (si elle est marquée) ou la marquer durant cette opération.

•Préparer un corps de ruche comme précédemment décrit, y poser une grille à reine en bon état et la surmonter d'une hausse vide. •Préparer l'enfumoir. •Ôter le grillage (étamine) de la cloche et faire tomber les abeilles de la cloche en lui imprimant un choc sec et puissant. Les abeilles tombent directement sur la grille à reine et passent à travers les barreaux de celle-ci. •Envoyer quelques jets de fumée pour diriger les ouvrières vers le bas car elles ont plutôt tendance à se diriger vers la lumière c'est-à-dire vers vous. Après quelques instants, ne restent plus, sur la grille, que quelques dizaines d'individus dont la ou les reines, les mâles et quelques ouvrières affolées. •Saisir ou non la (les) reine(s) et décider de leur sort (marquage, suppression des reines excédentaires…) Ensuite, il ne reste plus qu'à retirer la hausse vide, la grille à reine qu'on débarrassera des dernières abeilles en la brossant.

•Le couvre-cadres est placé sur le corps de ruche et un nourrisseur plein de sirop (1/1) est posé au trou de nourrissement. Grâce à ce nourrissement (maximum 1 litre par jour pendant quelques jours) les ouvrières bâtissent rapidement et parfaitement les cadres mis à leur disposition. En période de miellée, le nourrissement est tout à fait inutile, les colonies récoltent du nectar en grande quantité ce qui les pousse à bâtir.

Le dynamisme que l'essaim montre pour bâtir rapidement de magnifiques cadres s'explique par le fait que les hormones qui dirigent et stimulent ce type de comportement sont mis en évidence lorsque les abeilles sont en grappe. De plus, en essaim, aucune phéromone issue du couvain n'intervient pour détourner les ouvrières de leur activité principale : bâtir.

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